Bonjour,
étant apiculteur-grimpeur, votre démarche d’enlèvement d’un essaim installé en paroi m’a interpelé. La situation est suffisamment exceptionnelle pour qu’un y réfléchisse calmement.
Pour commencer, ayant déjà opéré à grande hauteur, je trouve stimulant le défi d’une récupération d’essaim en paroi.
Pour autant, l’enjeu environnemental ne doit pas nous échapper. En effet, on commence à peine à comprendre que la survie de l’espèce Apis mellifera dépend précisément de la libre dissémination d’essaims dans la nature et du brassage génétique qu’elle permet. Hélas et sans lui jeter la pierre, l’apiculture productiviste interdit invariablement que s’opère le processus.
N’est-il donc pas pour le moins paradoxal de prétexter le confort des randonneurs, réputés à la recherche de ressourcement authentique, pour priver une colonie d’abeilles, installée en site naturel, de l’opportunité de se fixer et de contribuer ainsi à pérenniser cette espèce, notoirement menacée ?
Sachez aussi que l’essaim qui a commencé à bâtir des cires devient extrêmement vulnérable, en rapport avec l’extrême fragilité des rayons. La même opération, menée sur le plancher des vaches en réunissant les meilleures conditions, se conclue le plus souvent par un désastre total.
Pour rassurer nos randonneurs, à 10m de distance de leur nid, le risque d’agression par des abeilles me semble bien mince. Je propose de disposer un modeste panneau d’information les incitant à apprécier le caractère inestimable de cette colonie sauvage.
Apicolement, rupicolement ... DG
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