Le suivi annuel de la présence varroa dans le ruche est primordial et obligatoire pour une bonne gestion prophylactique et sanitaire.
Une vision péri-équationnelle lors de ces lectures est recommandée :
- le nombre de varroas dits phorétiques [1] aperçus,
- le nombre de cadres de couvain et la force de la colonie,
- le moment calendaire de la visite des ruches.
Nous allons expliquer clairement les différentes étapes en parcourant le programme annuel d’ouvertures de ruches.
Tout d’abord, nous pouvons définir 3 types d’infestations varroas sur les abeilles adultes d’une manière simple et efficace :
- stade 1 de l’infestation (var1) :
- nous pouvons apercevoir lors de la visite et sans autre symptôme 1 à 3 varroas phorétiques ;
- stade 2 de l’infestation (var2) :
- nous apercevons de 5 à 10 varroas phorétiques ;
- stade 3 de l’infestation (var3) :
- la présence de varroas est plus importante et des abeilles avec des ailes atrophiées sont observées,
- des défauts de couvain sont possibles (loque européenne).
Nous évaluerons toujours l’un des ces trois stades d’infestation afin de comprendre opérer le traitements en qualité et quantité.
Il existe globalement 3 types de traitement qui se justifient dans le temps de la saison apicole et qui définissent l’objectif à atteindre :
- les traitements ponctuels ou courts termes (effets sur 24 h) appelés dépistages. Ils n’agissent que sur les varroas phorétiques et "dégraissent" la ruche.
- les traitements intermédiaires (effets de 4 à 6 jours) appelés moyens termes. Ils agissent sur les varroas "abeilles" et sur le couvain puisque des jeunes abeilles naissent pendant la période d’efficacité du traitement.
- les traitements à long terme (effets sur plusieurs semaines) agissent globalement sur l’ensemble de la colonie.
Nous diviserons en 4 parties ce parcours des visites apicoles afin de spécifier la marche à suivre :
- A - première visite de printemps et de sortie d’hiver,
- B - visite en cours de printemps,
- C - visite en fin d’été,
- D - visite d’automne ou de pré-hivernage.
A - première visite de printemps
Lors de cette première visite, nous apercevons 1 à 3 varroas (var1), la situation est normale. Un traitement ponctuel est de toute façon préconisé.
Nous apercevons de 5 à 10 varroas (var2) ; le traitement ponctuel est suffisant. A surveiller.
Plus de 10 varroas (var3), un traitement intermédiaire s’impose le plus rapidement possible suivant le climat. Il peut facilement être doublé d’un dépistage en premier lieu.
B - visite en cours de printemps
Var1 : indique déjà une forte présence de varroas sachant qu’ils ont investi les couvains de mâles et de femelles. Les parasites adultes, femelles, visibles ont réalisé plusieurs cycles de reproduction au sein de la chambre à couvain. Un traitement ponctuel est peu efficace. Surveillance accrue de ces ruches.
Var2 : la présence de varroas est anormale car déjà trop importante et demande suivant les miellées un traitement intermédiaire.
Var3 : le seuil de pression pathogène est atteint. Des effets délétères sur les abeilles adultes (ailes atrophiées) et sur le couvain (loque européenne) peuvent être visibles. Un ou plusieurs traitements s’imposent en fonction des miellées.
C - visite en fin d’été
Les stades var1 et var2 sont généralement atteints. De toute façon un traitement à long terme est nécessaire. Un traitement intermédiaire doublé peut être réalisé si les moments d’intervention sont bien choisis.
Pour une efficacité maximale, le traitement doit agir pendant au moins 13 jours, c’est-à-dire être reconduit une fois à 1 jour d’intervalle après les 6 premiers jours. Soit, pour simplifier, sur 2 semaines, le second traitement aura lieu entre ces 2 semaines.
D - visite d’automne et d’hiver
C’est la période où les traitements ponctuels sont les plus efficaces.
Var1 : un traitement ponctuel est salutaire, sert de dépistage et d’évaluation parasitaire. On surveillera toujours la reprise de couvain plus ou moins importante selon la région.
Var2 : un second traitement ponctuel est nécessaire quelques semaines après le premier. Un dépistage peut être envisagé selon les températures.
Var3 : preuve irréfutable que le traitement de fin d’été a très mal opéré. Les traitements et les suivis de ruches pendant les belles journées d’hiver sont plus qu’obligatoires.
La pose du lange à ces moments opportuns nous indique la chute naturelle des acariens et le résultat des dépistages.
Le choix des produits à utiliser est déterminé par ces lectures parasitaires ainsi que les moments d’intervention. Il est aussi important de s’interdire tout apport de substances étrangères à la ruche pendant les périodes de miellée. Les temps d’attente sont variables selon les molécules utilisées, leur LMR [2] doit être connue si possible.
Choix des produits et posologie des traitements selon les visites (A-D) et le niveau d’infestation (var1-3)
- TCT : traitement court terme ou ponctuel
- TMT : traitement moyen terme ou intermédiaire
- TLT : traitement long terme ou libération lente
| A. début de printemps | B. en cours de printemps | C. fin d’été | D. fin d’automne, hiver | ||
|---|---|---|---|---|---|
| Var1 | TCT | 1. Taktic sur lange (0,5 ml)
2. poudrage : sucre glace, roténone, aà¯l 3. Turbovar, fogger |
1-2-3 ou
8. acide oxalique : 35 g pour 1 l de sirop 50/50 | ||
| TMT | 4-5-6 x 2 | ||||
| TLT | 7. Apivar | ||||
| Var2 | TCT | 1-2-3 | 1-2-3 x 2 ou 8 | ||
| TMT | 4-5-6 x 2 | ||||
| TLT | 7 | ||||
| Var3 | TCT | Dépistage : 1-2-3 | 1-2-3 | 1-2-3 x 2 ou 8 | |
| TMT | 4. Thymol
5. Apiguard 6. acide formique |
4-5-6 x 2 | |||
| TLT | 7 |

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